L’enseignement à Kanshoji

La spécificité du zen est la transmission de l’enseignement bouddhiste en dehors des écritures, de personne à personne.

À Kanshoji, l’enseignement est donné par Taiun Jean-Pierre Faure, qui a reçu la transmission du Dharma de Dônin Minamisawa Zenji, abbé du temple de Eiheiji.

L’enseignement de Taiun Jean-Pierre Faure s’appuie sur celui de Shakyamuni Bouddha réécrit à chaque époque.
Il prend les différentes formes traditionnelles du zen sôtô (voir aussi page « Bouddhisme Zen Sôtô »).

Tous les enseignements sont traduits en anglais.

Kusen

Enseignement oral donné durant zazen

Le kusen est l’enseignement oral donné par le maître pendant zazen.

Ce n’est pas de la littérature. Les phrases sont simples, courtes, directes. Le kusen s’adresse au cerveau profond, au cœur du disciple ; le disciple ne doit pas chercher à le comprendre par le mental.

Le danger le plus grand, c’est d’avoir peur. Notre réponse à la peur est de chercher à prévoir. On veut savoir à l’avance, on veut être assuré de demain. Alors on pense, alors on pense… 

On pense à fourbir des armes. On pense à construire des murs. On pense à construire des boucliers. On veut connaître l’avenir. Alors, on pense. Comment faudrait-il faire ? 

Vouloir connaître l’avenir est un fantasme créé par la peur. La connaissance dont parle le bouddhisme, c’est la connaissance directe, immédiate, où on laisse venir à soi, on laisse venir en son cœur la vérité, la réalité ; on a confiance en sa nature de Bouddha et à ce moment-là, Bouddha embrasse Bouddha.

Certaines personnes me disent : « Je ne comprends pas ce que vous dites. » Je dis juste que le danger le plus grand est d’avoir peur. C’est la peur qui nous enferme, qui nous barricade, qui nous emmure, qui cherche toutes sortes d’armes juridiques, techniques, scientifiques… Ce n’est pas la solution. 

Un grand homme du passé a dit : « Tu cesseras de craindre quand tu cesseras d’espérer. »

Craindre à tout propos, c’est le propre d’un caractère faible, à qui il manque la grandeur de l’esprit, l’esprit sans limites, sans souillures, au-delà du mental, au-delà de toutes les stratégies offensives et défensives. Certaines personnes ne mènent leur vie qu’à travers des stratégies de la pensée, mais elles n’ont jamais recours à l’esprit véritable, celui qui ne s’arrête sur rien, celui qui nous fait embrasser la situation d’un seul regard, où l’on prend connaissance instantanément de ce qui nous entoure, de ce que nous sommes. 

Aussi, quand je dis : « N’ayons pas peur. », je dis : « Faisons une place à l’esprit véritable, celui qui ne s’accroche à rien. » 

Un aphorisme français dit : « Ne cherchons pas midi à quatorze heures. » La pleine lumière, c’est toujours ici et maintenant. La pleine lumière, c’est toujours là, c’est l’esprit qui ne s’arrête sur rien.

La direction que prend notre société est précisément celle de la peur, celle où l’on veut tout mentaliser – et où l’on se coupe de la réalité. Nous ne croyons pas que nous sommes capables d’une connaissance immédiate, d’une réponse instantanée, celle où Bouddha rencontre Bouddha. C’est un aspect de notre vie, mais c’est l’aspect le plus important. 

Certaines personnes pratiquent le zen, mais sont incapables, ou n’ont pas confiance, ou ne veulent pas lâcher le mental pour s’ouvrir à la réalité telle qu’elle est, toujours là, sous nos yeux. C’est-à-dire avancer dans le monde sans armes ni armures.

C’est manquer la grandeur de l’esprit véritable.

Taiun JP Faure, décembre 2021

Parce que nous sommes la vie, nous pratiquons la vie

Maître Nangaku – c'est une histoire qui se passe en Chine – vit son disciple Baso qui faisait zazen dans un grand engagement. Il lui dit alors : « Mais qu’essayes-tu de faire au juste ? » Le disciple répond : « J'essaye de devenir…

Voir en soi aide les autres à se voir eux-mêmes

Il y a ceux qui veulent changer le monde en demandant aux autres de changer, et puis il y a ceux qui veulent changer le monde en regardant en eux-mêmes. Ces deux attitudes s’excluent mutuellement. Si on regarde trop les autres, on ne se voit…

Poursuivre le bonheur, c’est se tromper de direction

On espère des lendemains qui chantent. On espère que demain sera mieux qu’aujourd’hui. On pense : Demain, si j’ai plus d’argent, je serai plus heureux. Si j’ai plus de confort, je serai plus heureux… On court après le bonheur.…

Chosan

Rencontre avec l’abbé

Le maître parle librement du Dharma en présence de ses disciples, autour d’une tasse de thé.
Enseignement en relation avec les situations rencontrées chaque jour.

Un monastère n’est pas grand parce qu’il a beaucoup de disciples.
Il est grand parce qu’on y pratique chosan chaque jour.
Maître Dôgen

Zen et psychanalyse

" [...] Le zen est un tout autre propos, qui n’est pas de réparer l’égo, de le rendre compatible avec la société avec ses semblables. Le zen s’occupe de problèmes d’une autre nature [...]"

Chôsan sur le bouddhisme engagé

Les prémices de ce shôsan sont un film, Le vénérable W, à propos d'un moine birman qui incite au racisme à l'égard de l'Islam. J'ai des réserves à l'égard du bouddhisme engagé qui glisse vers la politique. Ce moine, qui montre…

Mondo

Questions / Réponses

Le mondo est l’occasion pour le disciple de poser une question au maître sur des aspects de l’enseignement et de sa réalisation dans la vie quotidienne.

Teisho

Enseignement bouddhiste sous forme de conférences

Kongôkyô, le Sûtra du Diamant (Taiun Jean-Pierre Faure)

Je voudrais vous présenter quelques aspects du Sutra du Diamant qui vous donneront peut-être envie de le lire, et surtout de le pratiquer. Le diamant est ce qu’il y a de plus précieux. J’ai appris qu’il existe une étoile constituée…

Être moine aujourd’hui en Occident (Taiun JP Faure – Colloque AZI)

L’être humain, animal religieux L’absolu est présent au cœur de tous les phénomènes de l’univers ; la Voie est pratiquée par tout l’univers naturellement, inconsciemment, automatiquement. De là, la question que se posait…

Témoignage sur la vie monastique (Yashô Valérie Guéneau – Colloque AZI)

  Comme vous le remarquez, on peut vivre dans un monastère depuis de nombreuses années et être tout à fait normal ! Dans notre sangha AZI, certains imaginent les moines et nonnes vivant dans un monastère comme des « extraterrestres »,…

Foire Aux Questions

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Il n’y a pas d’esprit sans corps, il n’y a pas de corps sans esprit. Ce sont en fait deux aspects d’une seule et même réalité.
Quand corps et esprit sont unifiés, nous restons présents à l’ultime réalité, comme Bouddha Shakyamuni le dit si bien : “le son entendu et celui qui l’entend sont aussitôt oubliés”. C’est ce que nous prenons l’habitude de faire en zazen.
Ce qui revient à dire que, quelle que soit la situation dans laquelle nous sommes plongés, nous y sommes totalement ouverts, disponibles.
Quand nous laissons passer tout ce qui apparaît à la conscience, sans fuir ni rejeter quoi que ce soit, rien de nous sépare de la réalité. Corps et esprit en unité, nous devenons un avec toutes les existences de l’univers. C’est à partir de l’unité avec toutes les existences que nous pouvons leur répondre avec sagesse et compassion.

Zazen n’est pas au service de quoi que ce soit. Zazen n’est que la manifestation de l’ultime réalité qui n’a pas de fin en soi. Amener en nous cette dimension ultime  a le pouvoir de changer notre vie… On prend conscience alors que nos points de vue, nos conceptions, nos interprétations sont toutes relatives et qu’en aucun cas elles ne doivent être confondues avec l’ultime réalité.

Une vision fausse de la réalité nous fait croire que toutes choses de la vie sont permanentes, solides, ayant une existence propre, indépendante des autres. Alors que c’est tout le contraire.
La réalité, c’est que toute chose de la vie est impermanente, existe en interdépendance avec toutes les autres, n’a pas d’existence séparée des autres.

Le Bouddha enseigne que c’est nous, par notre ignorance, notre avidité et notre aversion, qui causons notre propre souffrance. En corollaire, il affirme que nous pouvons échapper à notre souffrance en nous libérant de ces trois souillures appelées encore trois poisons.
L’ignorance (l’égarement) :
C’est être aveugle à la vraie nature de la vie, à la vraie nature de toutes choses, appelée nature de Bouddha. Cette ignorance nous empêche de mener notre vie de façon juste et harmonieuse car nous ne voyons pas la réalité telle qu’elle est.
L’avidité (la convoitise) :
Négligeant notre véritable nature et celle de toute chose, nous ne connaissons pas le sentiment satisfaisant de paix et de plénitude. Il en résulte un état de frustration et de manque qui nous pousse à rechercher le bonheur dans la possession de biens matériels, de positions dans la société,  de renommée, de reconnaissance, etc.
L’aversion (colère, violence, haine…)
Ignorant l’état d’éveillé, nous en venons à accuser les autres , à avoir de l’aversion pour tout ce qui nous dérange et à faire preuve de colère et de haine vis-à-vis de l’extérieur.
C’est parce que nous suivons, souvent sans le savoir, les trois poisons que nous entretenons avec le monde des relations pas justes qui empêchent notre épanouissement et celui des autres.

La pratique de la voie du Bouddha consiste à agir avec sagesse et compassion. Cela se réalise quand nous nous libérons des trois poisons — que sont l’ignorance, l’avidité, l’aversion — et de tous les flux toxiques qui en découlent. Dans ce cas, nous ne sommes plus enfermés dans nos pensées égoïstes et de ce fait pas séparés des autres existences. Nous voyons les autres tels qu’ils sont avec leurs joies et leurs peines ; nous éprouvons l’envie de les aider dans leur souffrance. Être dans la compassion, c’est être en unité avec l’autre. La rivière du don coule alors naturellement et librement entre toutes les existences. Libérés des trois poisons, la vertu du don se manifeste d’elle-même. C’est une caractéristique du fonctionnement de Bouddha.

Poèmes

La silencieuse intelligence que maître Ryokan avait de la vie
se communiquait à tous comme une guérison virale.

Christian Bobin

Emissions Sagesses Bouddhistes

  • Kanshoji, monastère zen dans le Périgord Vert
  • Quelle place et quel sens donner à la vie monacale ?
  • Comprehension du Bouddhisme par les occidentaux, difficultés et pièges.
  • La relation maître disciple
  • La résonance dans la voie du Bouddha
  • Le désir d’appropriation, sources de toutes les souffrances