L’enseignement à Kanshoji

La spécificité du zen est la transmission de l’enseignement bouddhiste en dehors des écritures, de personne à personne.

À Kanshoji, l’enseignement est donné par Taiun Jean-Pierre Faure, qui a reçu la transmission du Dharma de Dônin Minamisawa Zenji, abbé du temple de Eiheiji.

L’enseignement de Taiun Jean-Pierre Faure s’appuie sur celui de Shakyamuni Bouddha réécrit à chaque époque.
Il prend les différentes formes traditionnelles du zen sôtô (voir aussi page « Bouddhisme Zen Sôtô »).

Tous les enseignements sont traduits en anglais.

Kusen

Enseignement oral donné durant zazen

Le kusen est l’enseignement oral donné par le maître pendant zazen.

Ce n’est pas de la littérature. Les phrases sont simples, courtes, directes. Le kusen s’adresse au cerveau profond, au cœur du disciple ; le disciple ne doit pas chercher à le comprendre par le mental.

Nous vivons à cheval sur deux mondes, c’est inévitable : le monde des apparences et le monde du tel que c’est profondément, du comment ça marche profondément : la réalité ultime. Un proverbe très célèbre dit : ne vous fiez pas aux apparences, allez plus loin.

Le Bouddha avait accepté et ordonné dans sa communauté un forçat, un criminel qui avait été enchaîné pendant plusieurs dizaines d’années. Beaucoup de proches disciples s’étaient indignés : « Comment avez-vous pu accepter cette personne ? Vous avez vu comment elle fonctionne, comment elle parle ? » Bouddha avait répondu : « Mais son cœur est pur. Si sa démarche est celle d’un condamné, c’est parce qu’il a porté les chaînes pendant longtemps à ses pieds. Mais aujourd’hui, il est libre, son cœur est pur. »

Ne traînez pas avec vous des points de vue erronés, des stratégies égoïstes, des accusations injustifiées. Accédez à un esprit libre. Ne vous arrêtez pas aux apparences, aux mots qui les définissent, aux pensées qui les accompagnent, aux stratégies que vous mettez en place. Abandonnez tout ça. Si vous conservez de la rancune, du mépris, de la peur, à la fin votre esprit s’obscurcit et vous tombez malade. Il est important de rencontrer la réalité avec un esprit ouvert, lavé de toute souillure.

Si vous voulez vous emboîter avec la réalité telle qu’elle est, vous devez vous-même devenir l’être humain tel qu’il est, un esprit vide de toute idée du moi et du mien, de toute idée d’être supérieur aux autres, d’être indépendant des autres, de faire ce qu’il veut sans tenir compte des autres. Tel que vous êtes, vous êtes Bouddha, libéré de toutes superstitions, mais surtout, de toute ignorance.

La réalité est impermanente et interdépendante. Si vous ignorez cela, vous vivez dans l’erreur, dans la souffrance. Ne restez pas au niveau des apparences, descendez dans les profondeurs de votre être, là où la conscience est totalement pure. Voyez par vous-même comment vous fabriquez des illusions, comment vous fabriquez votre souffrance en vous appuyant sur des visions erronées. Tout communique dans tout. Il n’y a pas une raison, il y a une infinité de raisons, de causes et de conditions. Donc étudiez, investiguez avec exactitude les phénomènes tels qu’ils sont, comment ils apparaissent. Les maître zen disent : étudiez l’existence avec acuité et comprenez-en la non existence.

Avant de venir au zazen, quelqu’un m’a dit : « Je m’excuse, je ne peux pas aller au zazen car je dois démonter un moteur. » C’est plus facile de démonter un moteur que de démonter son esprit, de déconstruire ses illusions. C’est pourtant extrêmement nécessaire aujourd’hui. C’est un mot qui est à la mode : déconstruire. Déconstruire l’homme ancien, sortir les yeux de ses œillères, voir la réalité dans sa complexité, et surtout dans son dynamisme : pas figée, en mouvement, dans son impermanence. C’est très difficile, c’est très important.

Chacun de vous doit faire cela. Personne ne peut le faire à votre place, personne ne peut expirer à votre place, personne ne peut évacuer les excréments à votre place. À chaque instant, nous devons revenir à un esprit neuf, à un monde neuf, dégagé de toute souillure.

Taiun JP Faure, octobre 2022

Même si c’est difficile, le plaisir n’en sera que plus grand.

Maître Dôgen écrit : Les Bouddhas et les patriarches ont sué sang et eau. Comment pourrions-nous nous dispenser de faire des efforts ? Nous qui nous sommes tant écartés de la condition normale, comment pourrions-nous revenir…

La Voie aux goûts anciens

Celui ou celle qui marche dans le monde l'esprit en paix, celui-là, celle-là, aide le monde. Celui ou celle qui marche dans le monde l'esprit en paix, avec le souci de l'autre, aide le monde. Celui ou celle qui choisit à chaque instant d'aller…

À la source, il y a le silence

N’allez pas dans le passé remuer les cendres froides pour chercher la vérité. Ne confondez pas non plus les rêves du futur avec la réalité – la réalité vivante, chaude, celle qui est toujours là, qui palpite. C’est un choix…

Chosan

Rencontre avec l’abbé fondateur

Le maître parle librement du Dharma en présence de ses disciples, autour d’une tasse de thé.
Enseignement en relation avec les situations rencontrées chaque jour.

Un monastère n’est pas grand parce qu’il a beaucoup de disciples.
Il est grand parce qu’on y pratique chosan chaque jour.
Maître Dôgen

Zen et psychanalyse

" [...] Le zen est un tout autre propos, qui n’est pas de réparer l’égo, de le rendre compatible avec la société avec ses semblables. Le zen s’occupe de problèmes d’une autre nature [...]"

Chôsan sur le bouddhisme engagé

Les prémices de ce shôsan sont un film, Le vénérable W, à propos d'un moine birman qui incite au racisme à l'égard de l'Islam. J'ai des réserves à l'égard du bouddhisme engagé qui glisse vers la politique. Ce moine, qui montre…

Mondo

Questions / Réponses

Le mondo est l’occasion pour le disciple de poser une question au maître sur des aspects de l’enseignement et de sa réalisation dans la vie quotidienne.

Teisho

Enseignement bouddhiste sous forme de conférences

Kongôkyô, le Sûtra du Diamant (Taiun Jean-Pierre Faure)

Je voudrais vous présenter quelques aspects du Sutra du Diamant qui vous donneront peut-être envie de le lire, et surtout de le pratiquer. Le diamant est ce qu’il y a de plus précieux. J’ai appris qu’il existe une étoile constituée…

Être moine aujourd’hui en Occident (Taiun JP Faure – Colloque AZI 2014)

L’être humain, animal religieux L’absolu est présent au cœur de tous les phénomènes de l’univers ; la Voie est pratiquée par tout l’univers naturellement, inconsciemment, automatiquement. De là, la question que se posait…

Témoignage sur la vie monastique (Yashô Valérie Guéneau – Colloque AZI)

  Comme vous le remarquez, on peut vivre dans un monastère depuis de nombreuses années et être tout à fait normal ! Dans notre sangha AZI, certains imaginent les moines et nonnes vivant dans un monastère comme des « extraterrestres »,…

Foire Aux Questions

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Il n’y a pas d’esprit sans corps, il n’y a pas de corps sans esprit. Ce sont en fait deux aspects d’une seule et même réalité.
Quand corps et esprit sont unifiés, nous restons présents à l’ultime réalité, comme Bouddha Shakyamuni le dit si bien : “le son entendu et celui qui l’entend sont aussitôt oubliés”. C’est ce que nous prenons l’habitude de faire en zazen.
Ce qui revient à dire que, quelle que soit la situation dans laquelle nous sommes plongés, nous y sommes totalement ouverts, disponibles.
Quand nous laissons passer tout ce qui apparaît à la conscience, sans fuir ni rejeter quoi que ce soit, rien de nous sépare de la réalité. Corps et esprit en unité, nous devenons un avec toutes les existences de l’univers. C’est à partir de l’unité avec toutes les existences que nous pouvons leur répondre avec sagesse et compassion.

Zazen n’est pas au service de quoi que ce soit. Zazen n’est que la manifestation de l’ultime réalité qui n’a pas de fin en soi. Amener en nous cette dimension ultime  a le pouvoir de changer notre vie… On prend conscience alors que nos points de vue, nos conceptions, nos interprétations sont toutes relatives et qu’en aucun cas elles ne doivent être confondues avec l’ultime réalité.

Une vision fausse de la réalité nous fait croire que toutes choses de la vie sont permanentes, solides, ayant une existence propre, indépendante des autres. Alors que c’est tout le contraire.
La réalité, c’est que toute chose de la vie est impermanente, existe en interdépendance avec toutes les autres, n’a pas d’existence séparée des autres.

Le Bouddha enseigne que c’est nous, par notre ignorance, notre avidité et notre aversion, qui causons notre propre souffrance. En corollaire, il affirme que nous pouvons échapper à notre souffrance en nous libérant de ces trois souillures appelées encore trois poisons.
L’ignorance (l’égarement) :
C’est être aveugle à la vraie nature de la vie, à la vraie nature de toutes choses, appelée nature de Bouddha. Cette ignorance nous empêche de mener notre vie de façon juste et harmonieuse car nous ne voyons pas la réalité telle qu’elle est.
L’avidité (la convoitise) :
Négligeant notre véritable nature et celle de toute chose, nous ne connaissons pas le sentiment satisfaisant de paix et de plénitude. Il en résulte un état de frustration et de manque qui nous pousse à rechercher le bonheur dans la possession de biens matériels, de positions dans la société,  de renommée, de reconnaissance, etc.
L’aversion (colère, violence, haine…)
Ignorant l’état d’éveillé, nous en venons à accuser les autres , à avoir de l’aversion pour tout ce qui nous dérange et à faire preuve de colère et de haine vis-à-vis de l’extérieur.
C’est parce que nous suivons, souvent sans le savoir, les trois poisons que nous entretenons avec le monde des relations pas justes qui empêchent notre épanouissement et celui des autres.

La pratique de la voie du Bouddha consiste à agir avec sagesse et compassion. Cela se réalise quand nous nous libérons des trois poisons — que sont l’ignorance, l’avidité, l’aversion — et de tous les flux toxiques qui en découlent. Dans ce cas, nous ne sommes plus enfermés dans nos pensées égoïstes et de ce fait pas séparés des autres existences. Nous voyons les autres tels qu’ils sont avec leurs joies et leurs peines ; nous éprouvons l’envie de les aider dans leur souffrance. Être dans la compassion, c’est être en unité avec l’autre. La rivière du don coule alors naturellement et librement entre toutes les existences. Libérés des trois poisons, la vertu du don se manifeste d’elle-même. C’est une caractéristique du fonctionnement de Bouddha.

Poèmes

La silencieuse intelligence que maître Ryokan avait de la vie
se communiquait à tous comme une guérison virale.

Christian Bobin

Emissions Sagesses Bouddhistes

  • Kanshoji, monastère zen dans le Périgord Vert
  • Quelle place et quel sens donner à la vie monacale ?
  • Comprehension du Bouddhisme par les occidentaux, difficultés et pièges.
  • La relation maître disciple
  • La résonance dans la voie du Bouddha
  • Le désir d’appropriation, sources de toutes les souffrances