L’enseignement à Kanshoji

La spécificité du zen est la transmission de l’enseignement bouddhiste en dehors des écritures, de personne à personne.

À Kanshoji, l’enseignement est donné par Taiun Jean-Pierre Faure, qui a reçu la transmission du Dharma de Dônin Minamisawa Zenji, abbé du temple de Eiheiji.

L’enseignement de Taiun Jean-Pierre Faure s’appuie sur celui de Shakyamuni Bouddha réécrit à chaque époque.
Il prend les différentes formes traditionnelles du zen sôtô (voir aussi page « Bouddhisme Zen Sôtô »).

Tous les enseignements sont traduits en anglais.

Kusen

Enseignement oral donné durant zazen

Le kusen est l’enseignement oral donné par le maître pendant zazen.

Ce n’est pas de la littérature. Les phrases sont simples, courtes, directes. Le kusen s’adresse au cerveau profond, au cœur du disciple ; le disciple ne doit pas chercher à le comprendre par le mental.

La religion juste, c’est celle qui permet aux êtres humains de vivre en paix les uns avec les autres.

Ce fut la première calligraphie que Minamisawa Zenji a offerte à Kanshoji.

Comment apprendre à vivre en paix les uns avec les autres ?

Le maître originel Shakyamuni Bouddha, après s’être éveillé, s’être libéré des trois poisons[1], hésita à enseigner la voie de la libération à ses semblables car, disait-il, « ceux-ci ont l’esprit inversé ». Il voyait effectivement ses congénères se précipiter vers un bonheur illusoire en s’appuyant sur les trois poisons.

Quoi qu’il en soit, après un certain temps de réflexion, il décida finalement d’enseigner la voie de la libération.

Enseigner le silence intérieur, faire taire les luttes et les conflits, tel était le projet, le dessein de Bouddha. Enseigner le silence intérieur, faire taire les luttes et les conflits. Tout est là.

Pratiquer le silence intérieur, faire taire les luttes et les conflits. C’est à cette tâche spirituelle que nous devons à chaque instant nous consacrer. Accéder au silence intérieur qui met fin aux luttes et aux conflits.

Le bouddhisme n’enseigne que le silence intérieur, la fin des conflits intérieurs. Ce silence intérieur est le fruit d’une pratique délicate de chaque instant. Le silence intérieur est le fruit d’une attention délicate de chaque instant. Cette délicate attention de chaque instant est elle-même le fruit d’une décision de chaque instant. Cette décision est elle-même le fruit d’une profonde réflexion. Pourquoi le silence est-il ce qu’il y a de mieux pour mener sa vie ? Pourquoi ne veut-on pas faire silence ?

Cette profonde réflexion, cette profonde conviction, cette profonde décision, cette profonde attention, c’est la vie d’un moine, c’est la vie d’un éveillé. Il n’est pas suffisant de s’asseoir comme un sac de riz sur un coussin. Plutôt que de rêver, d’agiter toutes sortes de pensées du soir au matin, de passer sa vie en vain, s’il vous plaît, entendez l’enseignement du Bouddha et accédez au silence intérieur qui met fin à toutes les luttes, à tous les conflits, qui met fin à la folie.

[1] Les trois poisons : l’ignorance, l’avidité, l’aversion.

Taiun JP Faure, avril 2026

La chose la plus précieuse

Un moine vivait dans un petit temple dans la montagne. Il vivait seul, dans un total dénuement. Un jour d’hiver où il faisait froid et où la pluie tombait sans cesse, un voyageur frappa à la porte. Il était trempé et il grelottait de…

Devenir un être humain véritable, libre

Zazen 11 heures L’enseignement du Bouddha demande de ne pas rester au niveau des apparences, de ne pas rester à la surface des choses, dans la mousse des phénomènes – c’est-à-dire, de ne pas être emporté par la rumeur, par le oui…

Impensable, inconcevable

Les maîtres zen disent : « Ce que nous devons chérir plus que tout, c’est l’instant présent. » Le passé n’existe plus. Le futur n’existe pas encore. Le passé se finit dans le présent. Le futur démarre dans le présent. Cet…

Chosan

Rencontre avec l’abbé

Le maître parle librement du Dharma en présence de ses disciples, autour d’une tasse de thé.
Enseignement en relation avec les situations rencontrées chaque jour.

Un monastère n’est pas grand parce qu’il a beaucoup de disciples.
Il est grand parce qu’on y pratique chosan chaque jour.
Maître Dôgen

Zen et psychanalyse

" [...] Le zen est un tout autre propos, qui n’est pas de réparer l’égo, de le rendre compatible avec la société avec ses semblables. Le zen s’occupe de problèmes d’une autre nature [...]"

Chôsan sur le bouddhisme engagé

Les prémices de ce shôsan sont un film, Le vénérable W, à propos d'un moine birman qui incite au racisme à l'égard de l'Islam. J'ai des réserves à l'égard du bouddhisme engagé qui glisse vers la politique. Ce moine, qui montre…

Mondo

Questions / Réponses

Le mondo est l’occasion pour le disciple de poser une question au maître sur des aspects de l’enseignement et de sa réalisation dans la vie quotidienne.

Teisho

Enseignement bouddhiste sous forme de conférences

Kongôkyô, le Sûtra du Diamant (Taiun Jean-Pierre Faure)

Je voudrais vous présenter quelques aspects du Sutra du Diamant qui vous donneront peut-être envie de le lire, et surtout de le pratiquer. Le diamant est ce qu’il y a de plus précieux. J’ai appris qu’il existe une étoile constituée…

Être moine aujourd’hui en Occident (Taiun JP Faure – Colloque AZI 2014)

L’être humain, animal religieux L’absolu est présent au cœur de tous les phénomènes de l’univers ; la Voie est pratiquée par tout l’univers naturellement, inconsciemment, automatiquement. De là, la question que se posait maître…

Témoignage sur la vie monastique (Yashô Valérie Guéneau – Colloque AZI)

  Comme vous le remarquez, on peut vivre dans un monastère depuis de nombreuses années et être tout à fait normal ! Dans notre sangha AZI, certains imaginent les moines et nonnes vivant dans un monastère comme des « extraterrestres »,…

Foire Aux Questions

Posez vos questions

Vous êtes les bienvenus pour alimenter cette page avec des questions. N’hésitez donc pas à nous les envoyer à webmaster@kanshoji.org

Il n’y a pas d’esprit sans corps, il n’y a pas de corps sans esprit. Ce sont en fait deux aspects d’une seule et même réalité.
Quand corps et esprit sont unifiés, nous restons présents à l’ultime réalité, comme Bouddha Shakyamuni le dit si bien : “le son entendu et celui qui l’entend sont aussitôt oubliés”. C’est ce que nous prenons l’habitude de faire en zazen.
Ce qui revient à dire que, quelle que soit la situation dans laquelle nous sommes plongés, nous y sommes totalement ouverts, disponibles.
Quand nous laissons passer tout ce qui apparaît à la conscience, sans fuir ni rejeter quoi que ce soit, rien de nous sépare de la réalité. Corps et esprit en unité, nous devenons un avec toutes les existences de l’univers. C’est à partir de l’unité avec toutes les existences que nous pouvons leur répondre avec sagesse et compassion.

Zazen n’est pas au service de quoi que ce soit. Zazen n’est que la manifestation de l’ultime réalité qui n’a pas de fin en soi. Amener en nous cette dimension ultime  a le pouvoir de changer notre vie… On prend conscience alors que nos points de vue, nos conceptions, nos interprétations sont toutes relatives et qu’en aucun cas elles ne doivent être confondues avec l’ultime réalité.

Une vision fausse de la réalité nous fait croire que toutes choses de la vie sont permanentes, solides, ayant une existence propre, indépendante des autres. Alors que c’est tout le contraire.
La réalité, c’est que toute chose de la vie est impermanente, existe en interdépendance avec toutes les autres, n’a pas d’existence séparée des autres.

Le Bouddha enseigne que c’est nous, par notre ignorance, notre avidité et notre aversion, qui causons notre propre souffrance. En corollaire, il affirme que nous pouvons échapper à notre souffrance en nous libérant de ces trois souillures appelées encore trois poisons.
L’ignorance (l’égarement) :
C’est être aveugle à la vraie nature de la vie, à la vraie nature de toutes choses, appelée nature de Bouddha. Cette ignorance nous empêche de mener notre vie de façon juste et harmonieuse car nous ne voyons pas la réalité telle qu’elle est.
L’avidité (la convoitise) :
Négligeant notre véritable nature et celle de toute chose, nous ne connaissons pas le sentiment satisfaisant de paix et de plénitude. Il en résulte un état de frustration et de manque qui nous pousse à rechercher le bonheur dans la possession de biens matériels, de positions dans la société,  de renommée, de reconnaissance, etc.
L’aversion (colère, violence, haine…)
Ignorant l’état d’éveillé, nous en venons à accuser les autres , à avoir de l’aversion pour tout ce qui nous dérange et à faire preuve de colère et de haine vis-à-vis de l’extérieur.
C’est parce que nous suivons, souvent sans le savoir, les trois poisons que nous entretenons avec le monde des relations pas justes qui empêchent notre épanouissement et celui des autres.

La pratique de la voie du Bouddha consiste à agir avec sagesse et compassion. Cela se réalise quand nous nous libérons des trois poisons — que sont l’ignorance, l’avidité, l’aversion — et de tous les flux toxiques qui en découlent. Dans ce cas, nous ne sommes plus enfermés dans nos pensées égoïstes et de ce fait pas séparés des autres existences. Nous voyons les autres tels qu’ils sont avec leurs joies et leurs peines ; nous éprouvons l’envie de les aider dans leur souffrance. Être dans la compassion, c’est être en unité avec l’autre. La rivière du don coule alors naturellement et librement entre toutes les existences. Libérés des trois poisons, la vertu du don se manifeste d’elle-même. C’est une caractéristique du fonctionnement de Bouddha.

Poèmes

La silencieuse intelligence que maître Ryokan avait de la vie
se communiquait à tous comme une guérison virale.

Christian Bobin

Emissions Sagesses Bouddhistes