L’enseignement à Kanshoji

La spécificité du zen est la transmission de l’enseignement bouddhiste en dehors des écritures, de personne à personne.

À Kanshoji, l’enseignement est donné par Taiun Jean-Pierre Faure, qui a reçu la transmission du Dharma de Dônin Minamisawa Zenji, abbé du temple de Eiheiji.

L’enseignement de Taiun Jean-Pierre Faure s’appuie sur celui de Shakyamuni Bouddha réécrit à chaque époque.
Il prend les différentes formes traditionnelles du zen sôtô (voir aussi page « Bouddhisme Zen Sôtô »).

Tous les enseignements sont traduits en anglais.

Kusen

Enseignement oral donné durant zazen

Le kusen est l’enseignement oral donné par le maître pendant zazen.

Ce n’est pas de la littérature. Les phrases sont simples, courtes, directes. Le kusen s’adresse au cerveau profond, au cœur du disciple ; le disciple ne doit pas chercher à le comprendre par le mental.

Le nuage blanc est le fils de la montagne bleue.

Notre posture ne doit pas se refermer sur elle-même. Notre posture doit se déployer dans toutes les directions, dans l’infinité des directions, s’ouvrir à l’infini. L’infinité des formes n’est autre que la non-forme. On pourrait dire que les formes proviennent de la non-forme et retournent à la non-forme.
Plus poétiquement, on peut dire :
Le nuage blanc est le fils de la montagne bleue.
Les formes sont toutes passagères ; elles ont toutes une naissance, une vie et une mort. Aussi bien les libellules, les éphémères, que les éléphants, les baobabs, les rivières et les montagnes… Toutes les formes sont éphémères. Toutes les formes proviennent de la non-forme et retournent à la non-forme. C’est comme cela qu’on peut ressentir le poème : le nuage apparaît dans le ciel et disparaît rapidement, mais la montagne est éternelle, elle ne bouge pas. Il y a quelque chose dans l’éternité qui ne bouge pas. Même si on ne sait pas ce que c’est, on peut parler de l’esprit originel, qui n’est pas le néant.
Les pensées apparaissent et disparaissent rapidement. L’existence pure est éternelle. La pensée est la fille de l’existence pure. On ne peut pas mener notre vie en s’appuyant seulement sur les pensées. Par exemple : on aime quelqu’un. On peut distinguer ce qui est bien ou bon chez cette personne, mais aussi ce qui est mauvais. On peut comme cela faire toutes sortes de distinctions à l’infini. Aimer cette personne c’est l’accepter dans sa totalité, au-delà de toutes les distinctions que fait la pensée.
L’existence est la mère de toutes les distinctions. La mère aime son enfant, quoi qu’on puisse en dire ou en penser. Avant que nous ayons des pensées, avant que des mots ne se lèvent, nous existons. On ne peut pas mener sa vie seulement à partir de la peur. On ne peut pas mener sa vie en s’appuyant seulement sur l’avidité, sur l’aversion, sur la stupidité. Il est important de baser sa vie sur l’existence pure, mère de tous les points de vue. Pratiquer zazen, c’est juste s’ouvrir à cette dimension de l’existence pure, à cette dimension d’esprit éternel ; s’ouvrir à la non-peur, à l’amour véritable. Cela concerne tous les êtres humains, sans exception.
Quant Maître Deshimaru était arrivé en Occident, il était frappé par la peur qui habite les Occidentaux. « Le silence de ces espaces infinis m’effraie », disait Pascal. Bodhidharma dit : « Se précipiter, s’unir au mystère. » Se précipiter avec foi, s’unir à l’inconnaissable.
L’infinité des distinctions œuvre à la splendeur des armées des diables,
alors que l’absence de tout mobile, de toute considération, de tout intention,
œuvre à la majesté de Bouddha.
Cela se traduit par la pratique de laisser passer tous nos points de vue, toutes nos distinctions. Ne vous arrêtez sur rien. Maintenez la majesté de Bouddha.

Taiun JP Faure, août 2021

,

En accord avec la réalité

Si l’on cherchait à définir ce qu’est le Zen, on pourrait dire que c’est mettre le monde de l’être au cœur de nos vies. Mettre le monde de l’être, plutôt que le monde de l’avoir, au cœur de nos vies. Avant d’avoir des…
,

La condition normale du vivant

Si l’on regarde zazen de l’extérieur, on ne comprend pas. Les gens me disent parfois : « Mais vous perdez votre temps, assis à ne rien faire… » Pratiquer zazen, c’est pratiquer la condition normale de l’esprit.…
,

L’esprit des sommets

Il est une montagne dont le sommet dépasse celui de toutes les autres montagnes, une montagne dont le sommet échappe au regard humain, un sommet baigné d’un air pur, libre de toute pollution, toujours couvert de neige étincelante.…

Chosan

Rencontre avec l’abbé

Le maître parle librement du Dharma en présence de ses disciples, autour d’une tasse de thé.
Enseignement en relation avec les situations rencontrées chaque jour.

Un monastère n’est pas grand parce qu’il a beaucoup de disciples.
Il est grand parce qu’on y pratique chosan chaque jour.
Maître Dôgen

Zen et psychanalyse

" [...] Le zen est un tout autre propos, qui n’est pas de réparer l’égo, de le rendre compatible avec la société avec ses semblables. Le zen s’occupe de problèmes d’une autre nature [...]"

Chôsan sur le bouddhisme engagé

Les prémices de ce shôsan sont un film, Le vénérable W, à propos d'un moine birman qui incite au racisme à l'égard de l'Islam. J'ai des réserves à l'égard du bouddhisme engagé qui glisse vers la politique. Ce moine, qui montre…

Mondo

Questions / Réponses

Le mondo est l’occasion pour le disciple de poser une question au maître sur des aspects de l’enseignement et de sa réalisation dans la vie quotidienne.

Teisho

Enseignement bouddhiste sous forme de conférences

Kongôkyô, le Sûtra du Diamant (Taiun Jean-Pierre Faure)

Je voudrais vous présenter quelques aspects du Sutra du Diamant qui vous donneront peut-être envie de le lire, et surtout de le pratiquer. Le diamant est ce qu’il y a de plus précieux. J’ai appris qu’il existe une étoile constituée…

Être moine aujourd’hui en Occident (Taiun JP Faure – Colloque AZI)

L’être humain, animal religieux L’absolu est présent au cœur de tous les phénomènes de l’univers ; la Voie est pratiquée par tout l’univers naturellement, inconsciemment, automatiquement. De là, la question que se posait…

Témoignage sur la vie monastique (Yashô Valérie Guéneau – Colloque AZI)

  Comme vous le remarquez, on peut vivre dans un monastère depuis de nombreuses années et être tout à fait normal ! Dans notre sangha AZI, certains imaginent les moines et nonnes vivant dans un monastère comme des « extraterrestres »,…

Foire Aux Questions

Posez vos questions

Vous êtes les bienvenus pour alimenter cette page avec des questions. N’hésitez donc pas à nous les envoyer à info@kanshoji.org

Il n’y a pas d’esprit sans corps, il n’y a pas de corps sans esprit. Ce sont en fait deux aspects d’une seule et même réalité.
Quand corps et esprit sont unifiés, nous restons présents à l’ultime réalité, comme Bouddha Shakyamuni le dit si bien : “le son entendu et celui qui l’entend sont aussitôt oubliés”. C’est ce que nous prenons l’habitude de faire en zazen.
Ce qui revient à dire que, quelle que soit la situation dans laquelle nous sommes plongés, nous y sommes totalement ouverts, disponibles.
Quand nous laissons passer tout ce qui apparaît à la conscience, sans fuir ni rejeter quoi que ce soit, rien de nous sépare de la réalité. Corps et esprit en unité, nous devenons un avec toutes les existences de l’univers. C’est à partir de l’unité avec toutes les existences que nous pouvons leur répondre avec sagesse et compassion.

Zazen n’est pas au service de quoi que ce soit. Zazen n’est que la manifestation de l’ultime réalité qui n’a pas de fin en soi. Amener en nous cette dimension ultime  a le pouvoir de changer notre vie… On prend conscience alors que nos points de vue, nos conceptions, nos interprétations sont toutes relatives et qu’en aucun cas elles ne doivent être confondues avec l’ultime réalité.

Une vision fausse de la réalité nous fait croire que toutes choses de la vie sont permanentes, solides, ayant une existence propre, indépendante des autres. Alors que c’est tout le contraire.
La réalité, c’est que toute chose de la vie est impermanente, existe en interdépendance avec toutes les autres, n’a pas d’existence séparée des autres.

Le Bouddha enseigne que c’est nous, par notre ignorance, notre avidité et notre aversion, qui causons notre propre souffrance. En corollaire, il affirme que nous pouvons échapper à notre souffrance en nous libérant de ces trois souillures appelées encore trois poisons.
L’ignorance (l’égarement) :
C’est être aveugle à la vraie nature de la vie, à la vraie nature de toutes choses, appelée nature de Bouddha. Cette ignorance nous empêche de mener notre vie de façon juste et harmonieuse car nous ne voyons pas la réalité telle qu’elle est.
L’avidité (la convoitise) :
Négligeant notre véritable nature et celle de toute chose, nous ne connaissons pas le sentiment satisfaisant de paix et de plénitude. Il en résulte un état de frustration et de manque qui nous pousse à rechercher le bonheur dans la possession de biens matériels, de positions dans la société,  de renommée, de reconnaissance, etc.
L’aversion (colère, violence, haine…)
Ignorant l’état d’éveillé, nous en venons à accuser les autres , à avoir de l’aversion pour tout ce qui nous dérange et à faire preuve de colère et de haine vis-à-vis de l’extérieur.
C’est parce que nous suivons, souvent sans le savoir, les trois poisons que nous entretenons avec le monde des relations pas justes qui empêchent notre épanouissement et celui des autres.

La pratique de la voie du Bouddha consiste à agir avec sagesse et compassion. Cela se réalise quand nous nous libérons des trois poisons — que sont l’ignorance, l’avidité, l’aversion — et de tous les flux toxiques qui en découlent. Dans ce cas, nous ne sommes plus enfermés dans nos pensées égoïstes et de ce fait pas séparés des autres existences. Nous voyons les autres tels qu’ils sont avec leurs joies et leurs peines ; nous éprouvons l’envie de les aider dans leur souffrance. Être dans la compassion, c’est être en unité avec l’autre. La rivière du don coule alors naturellement et librement entre toutes les existences. Libérés des trois poisons, la vertu du don se manifeste d’elle-même. C’est une caractéristique du fonctionnement de Bouddha.

Poèmes

Emissions Sagesses Bouddhistes

  • Kanshoji, monastère zen dans le Périgord Vert
  • Quelle place et quel sens donner à la vie monacale ?
  • Comprehension du Bouddhisme par les occidentaux, difficultés et pièges.
  • La relation maître disciple
  • La résonance dans la voie du Bouddha
  • Le désir d’appropriation, sources de toutes les souffrances