Bien que la réalité soit insaisissable par les mots, les êtres humains ne cessent de vouloir la commenter. Bien que la pratique de Bouddha soit à l’œuvre dans tous les coins de l’univers, il est difficile d’en parler. Un certain penseur a même pu dire, à juste titre, que tout le malheur du monde vient de ne pas savoir nommer les choses. Ainsi, Shakyamuni Bouddha a dit avant de mourir : si vous voulez traverser l’océan des souffrances sans vous noyer, faites ce que j’ai fait. C’est-à-dire : asseyez-vous, le dos droit, les pensées allant et venant librement, jusqu’à voir le véritable aspect de toutes choses.
Une des définitions possibles de Bouddha est : ce qui s’en vient de soi-même, ce qui s’en va de soi-même (Tathagatha). C’est-à-dire, la totalité des existants. Cette réalité qui existe d’elle-même, qui apparait et disparait d’elle-même, les sages lui donnent comme attributs : la sagesse, l’activité, la compassion. Zazen n’est autre que la posture du Bouddha où sont réalisées la sagesse, l’activité totale, la compassion.
Les trois bodhisattvas mythiques qui représentent, qui définissent Bouddha sont donc : Manjusri qui représente la sagesse, Samantabhadra qui représente l’activité totale, Avalokiteshvara qui représente la compassion.
La sagesse dont on parle là est la sagesse qui va au-delà de tout, la sagesse de Bouddha que l’on appelle prajna. Manifester cette sagesse, être en accord avec elle, c’est ne s’arrêter sur rien.
L’activité totale est celle où toutes nos conceptions sont brûlées instantanément.
La compassion, c’est s’asseoir avec le vœu que ma vie soit bénéfique à toutes les formes de vie de l’univers, aide toutes les existences à se libérer de la souffrance.
Aussi, s’il vous plaît, ne dormez pas. N’agitez pas non plus les pensées dans tous les sens. Soyez celui qui se tient immobile, laissant apparaitre et disparaître toutes choses, sans bouger.
Taiun JP Faure, novembre 2025
