La religion juste, c’est celle qui permet aux êtres humains de vivre en paix les uns avec les autres.
Ce fut la première calligraphie que Minamisawa Zenji a offerte à Kanshoji.
Comment apprendre à vivre en paix les uns avec les autres ?
Le maître originel Shakyamuni Bouddha, après s’être éveillé, s’être libéré des trois poisons[1], hésita à enseigner la voie de la libération à ses semblables car, disait-il, « ceux-ci ont l’esprit inversé ». Il voyait effectivement ses congénères se précipiter vers un bonheur illusoire en s’appuyant sur les trois poisons.
Quoi qu’il en soit, après un certain temps de réflexion, il décida finalement d’enseigner la voie de la libération.
Enseigner le silence intérieur, faire taire les luttes et les conflits, tel était le projet, le dessein de Bouddha. Enseigner le silence intérieur, faire taire les luttes et les conflits. Tout est là.
Pratiquer le silence intérieur, faire taire les luttes et les conflits. C’est à cette tâche spirituelle que nous devons à chaque instant nous consacrer. Accéder au silence intérieur qui met fin aux luttes et aux conflits.
Le bouddhisme n’enseigne que le silence intérieur, la fin des conflits intérieurs. Ce silence intérieur est le fruit d’une pratique délicate de chaque instant. Le silence intérieur est le fruit d’une attention délicate de chaque instant. Cette délicate attention de chaque instant est elle-même le fruit d’une décision de chaque instant. Cette décision est elle-même le fruit d’une profonde réflexion. Pourquoi le silence est-il ce qu’il y a de mieux pour mener sa vie ? Pourquoi ne veut-on pas faire silence ?
Cette profonde réflexion, cette profonde conviction, cette profonde décision, cette profonde attention, c’est la vie d’un moine, c’est la vie d’un éveillé. Il n’est pas suffisant de s’asseoir comme un sac de riz sur un coussin. Plutôt que de rêver, d’agiter toutes sortes de pensées du soir au matin, de passer sa vie en vain, s’il vous plaît, entendez l’enseignement du Bouddha et accédez au silence intérieur qui met fin à toutes les luttes, à tous les conflits, qui met fin à la folie.
[1] Les trois poisons : l’ignorance, l’avidité, l’aversion.
Taiun JP Faure, avril 2026
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