Aspirer à l’absolu

 

Nous secrétons des pensées. Avec ces pensées, nous échafaudons des théories, nous adoptons des croyances, nous nous accrochons à des superstitions. Nous avons des préférences : on aime ceci, on n’aime pas cela. Notre vie se déroule dans ce dédale de pensées, de constructions mentales, de croyances, de superstitions, de préférences.

Si l’on n’y prend pas garde, cette activité mentale et psychique peut affecter notre liberté, modifier nos choix, réduire notre ouverture du cœur.

La vie, c’est la vie. La vie se suffit à elle-même.

En zazen, nous ne tenons pas compte de ce qui apparaît à notre conscience, que ce soient des pensées, des points de vue, des émotions, des attachements. Cela apparaît et disparaît de lui-même. Nous retournons alors à quelque chose de plus profond et d’éternel : l’existence pure.

Dans notre vie, nous sommes bombardés à chaque instant d’une masse d’informations plus ou moins vraies, nous sommes bouleversés par tout ce qui se passe autour de nous. C’est comme cela que nous en venons à mener notre vie en nous appuyant sur nos conceptions, nos théories, nos superstitions. Mais zazen se situe au-delà de nos fonctionnements habituels : seulement assis sans bouger devant ce qui apparaît et ce qui disparaît à la conscience.

C’est comme cela que nous renforçons notre élan vital, pas seulement l’énergie mais aussi l’aspiration, l’aspiration à l’infini, l’aspiration à l’absolu. Cela permet à la vie de couler librement, totalement, sans contraintes. Nous goûtons ainsi à l’existence pure, qui est toujours là mais que nous piétinons trop souvent par nos commentaires nourris des trois poisons : l’avidité, l’aversion et l’ignorance.

Pour cela, il suffit de se tenir droit, la tête sur les épaules, la nuque dans le prolongement du dos, et de laisser aller et venir toutes choses, sans intervenir.

En zazen, nous donnons la première place à ce qui est. Nous abandonnons momentanément nos commentaires, nos théories, nos attentes, nos peurs.

Cette expérience de zazen a le pouvoir de changer nos vies, pas à pas, aussi doit-elle être faite sans compromis, sans concessions, sans aménagements.

Taiun JP Faure, à Kanshoji le 2 juin 2018
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