Certaines personnes se trompent sur ce qu’est la pratique enseignée par Bouddha : elles recherchent bien la paix, mais la paix à n’importe quel prix n’est pas la paix. Certains recherchent la paix en se coupant des autres, jugent que les autres sont cause de leur souffrance. Cette paix, en fuyant le monde, n’est pas la paix enseignée par Bouddha. La paix obtenue en inhibant certaines fonctions de l’esprit n’est pas la paix authentique. La paix obtenue par la prise de drogue ou de médicament n’est pas la paix enseignée par Bouddha.
Concernant les personnes qui pratiquent le zen à leur idée, on a pu parler d’un zen rampant, un zen qui ne nous élève pas à la dimension de Bouddha, où l’on ne fait que ramper, cherchant le bonheur dans tous les sens, profitant de tout, sans être regardant sur les moyens utilisés. Prêt à tout, même à des crimes. La paix, à n’importe quel prix, au prix du crime, n’est pas la paix. Ce n’est pas la paix de Bouddha, ce n’est pas la paix enseignée par Bouddha.
Cette élévation dont parle l’enseignement du Bouddha se réalise en respectant des préceptes. Dans le zazen transmis par les Bouddhas – où l’on se tient au-delà du sommeil, au-delà de l’agitation mentale –, les préceptes sont automatiquement respectés. Le corps et l’esprit en unité ne donnent plus la place à l’égoïsme, ne donnent plus la place aux stratégies égoïstes. Quand corps et esprit sont en unité, le corps et l’esprit sont régulés, ils suivent les lois de l’univers. Aussi, le zen et les préceptes sont une seule et même chose : Zen kai ichi nyō, en japonais. Dès que nous laissons passer nos pulsions d’avidité ou d’aversion, dès que nous abandonnons nos stratégies égoïstes, dès que nous nous donnons de tout cœur à la réalité, les préceptes sont respectés, la Voie est réalisée.
Dans les années 60, quand un parfum d’Orient a touché l’Occident, les pratiques spirituelles étaient très appréciées par la jeunesse – mais dans l’esprit de faire la fête, de rechercher le plaisir de façon totalement débridée… dans l’esprit d’être libre dans son égoïsme, et non pas d’être libre de son égoïsme. Nous ne voulions pas entendre parler des préceptes. Certains s’attachaient au zazen comme à une drogue. Alors que l’usage des drogues est à l’opposé de la libération enseignée par Bouddha.
L’enseignement de Bouddha vise à la libération des trois poisons et non pas à la satisfaction débridée des trois poisons.
La paix à n’importe quel prix n’est pas la paix de Bouddha.
Taiun JP Faure, Septembre 2026
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