Dans les années 60, il y a eu un engouement de la jeunesse pour ce qui venait de l’Extrême-Orient ; ils partaient en Inde, à Katmandou… Ils s’ouvraient au monde de la résonance. L’idée courait dans les esprits qu’un battement d’ailes de papillon au-dessus de la forêt amazonienne pouvait entraîner une tornade au Texas.

C’est par résonance que l’univers se déploie. La moindre de nos actions, voire même de nos pensées, influence le déploiement de l’univers. Tout résonne dans tout. Tout est interdépendant. Tout est intriqué. L’interdépendance est une loi de l’univers. L’autre loi de l’univers, est celle de l’impermanence – tout change à chaque instant, rien n’est fixe.

Quand le maillet tape la cloche, un son se répand dans l’univers ; on dit que la cloche résonne. Toutefois, si vous saisissez la cloche avec votre main, vous l’empêchez de résonner. Dès que votre ego fixe les choses, vous empêchez la résonance. Dès que vous voulez contrôler, posséder, fixer les choses, vous empêchez l’univers de se déployer harmonieusement, librement.

Pratiquer la voie du Bouddha, c’est éviter de saisir, de fixer la réalité dans des mots. C’est éviter de vouloir diriger, contrôler les autres. En zazen, quand une pensée apparaît, qu’elle nous plaise ou pas, nous la laissons apparaître. Quand cette pensée disparaît, nous la laissons disparaître. Nous respectons la loi de la résonance. Chaque évènement, même le plus insignifiant, a des conséquences. L’univers est un univers de résonance.

Tout désir de s’approprier, tout désir de contrôler, tout désir de refuser… va à l’encontre de la résonance, loi de l’univers. C’est comme cela que l’on rencontre l’insatisfaction et la souffrance, quand nous ne savons pas épouser la réalité telle qu’elle est à chaque instant.

Toutes nos pensées, toutes nos paroles, toutes nos actions se répandent et résonnent dans l’univers. Aussi, le point important est de tenir compte de la nature, de la qualité de nos pensées, de nos paroles, de nos actions.

Notre zazen ici et maintenant influence l’univers pour l’éternité. En fait, nous ne pratiquons pas pour notre confort personnel, nous pratiquons pour que l’esprit en paix résonne au cœur de toutes les existences.

La paix en soi, la paix dans le monde.

Taiun JP Faure, août 2026

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