Totalement assis, à l’exclusion de toute autre chose, nous pratiquons la patience face à la réalité telle qu’elle est. Que ce que nous voyons soit agréable ou désagréable, nous ne bougeons pas devant ce qui est. Par cette pratique répétée, approfondie, l’œil de la sagesse s’ouvre.

C’est comme cela qu’il y a 2600 ans, Shakyamuni Buddha vit que toutes les choses de l’univers sont profondément reliées les unes entre les autres, qu’elles se créent mutuellement, que toutes les choses se font écho, résonnent les unes dans les autres et qu’en définitive, qu’elles n’ont pas d’existence propre et indépendante.

Tout naît, vit et meurt grâce au soutien de toutes les autres existences. Nous sommes embrassés et soutenus par tous les êtres ; et nous embrassons et soutenons tous les êtres. Se séparer des autres, se croire séparé des autres, s’enfermer dans ses idéologies, dans ses points de vue, dans ses doctrines… Tout cela nous sépare des autres et nous maintient dans le manque, dans la souffrance.

Shakyamuni, le sage du clan des Shakya, était un être humain comme nous. Il demeura comme nous le faisons maintenant, très longtemps immobile. Il comprit et vérifia que la souffrance vient du fait de ne pas comprendre sa vraie nature, ce que nous sommes vraiment, notre absence d’existence indépendante. Il examina patiemment. Il vérifia l’intuition qu’il eut au départ – à savoir que nous n’avons pas d’existence propre séparée du reste de l’univers – jusqu’à être totalement libéré de tout attachement au soi. À partir de là, il retrouva sa dimension de Bouddha, sans séparation. C’est à ce moment-là, qu’il dit : « Moi, la grande terre et tous les êtres vivants, nous réalisons la Voie en même temps. »

Il y a mille raisons, mille façons de se séparer sans cesse des autres, sans le voir. Les maîtres zen disent : « Ne soyez pas comme un mouton sur une décharge qui mâche tout ce qu’il rencontre. » Maintenez votre esprit ouvert à la totalité, à la réalité.

L’illusion fondamentale dont on devrait se libérer, c’est de croire que nous existons séparément et indépendamment du reste de l’univers. L’être humain pense ordinairement qu’il y a l’univers tout entier plus quelque chose, et ce quelque chose serait moi. À partir du moment où nous nous méprenons de la sorte, il est inévitable que l’on ne se préoccupe que de soi. On ne se préoccupe que de ce petit moi isolé que l’on juge très précieux. À partir de là, nous nous concentrons avec attention sur la protection, sur la promotion de notre petit bien-être individuel et séparé.

Ignorant notre lien avec tous les êtres, animés comme inanimés, nous agissons de manière égoïste, sous l’emprise de l’avidité, de l’aversion et de l’illusion.

Donc ne vous séparez pas des autres, ne vous enfermez pas dans votre coin, à broyer du noir. Mettez-vous en accord, vivez en accord avec les lois de l’univers – l’impermanence et l’interdépendance. Respectez ces deux vérités et vous accéderez instantanément à la liberté inconcevable.

Taiun JP Faure, mai 2026

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