Kōdō Sawaki écrit : « Nous devons examiner nos motivations les yeux grands ouverts. Car avant même d’en être conscients, nous nous produisons pour la galerie, comme un comique soucieux de sa popularité. Si notre pratique est une forme de représentation destinée à un public, elle ne peut pas être le Dharma du Bouddha. »
Nous devons nous examiner nous-mêmes, ne pas regarder les autres, ne pas chercher la certification dans les yeux des autres. Chacun est différent, chacun est à un niveau d’éveil différent. Une chose est sûre : nous ne pouvons pas juger la foi de quelqu’un d’autre. Il y a des personnes que l’on prend pour des saints, bien que leurs motivations ne soient pas forcément pures. Il y a ceux qui prennent l’autoroute en sens inverse, sans le savoir. Ils sont dangereux, très dangereux. Il y a ceux qui prennent l’autoroute en sens inverse, mais qui le savent. Ils sont aussi dangereux, mais moins que les précédents. Il y a ceux qui prennent l’autoroute dans le bon sens. Ils pensent qu’ils ne risquent rien. S’ils ne font pas attention, ils sont aussi en danger. Chacun doit pratiquer à partir de ce qu’il est, à partir de sa situation.
Quand nous nous engageons dans la voie de l’Éveil, nous reconnaissons que depuis des temps sans commencement nous avons pensé, parlé, agi, motivés par l’ignorance, l’avidité et l’aversion. Aussi nous décidons de nous asseoir et d’observer, de contempler l’aspect véritable de toutes choses. Nous décidons d’examiner nos motivations les yeux grands ouverts. Chacun est différent. Ce que voit un enfant est différent de ce que voit un adolescent, de ce que voit un homme adulte, de ce que voit un vieillard, de ce que voit un mourant… Aussi, chacun doit voir par lui-même.
Le Bouddha apprend seulement qu’il est possible de voir, et qu’il est mieux de vivre les yeux ouverts, de mourir les yeux ouverts, c’est tout. Comment pouvez-vous penser que vous n’avez plus rien à voir ? Dans le le Dhammapada, Bouddha dit que pour une personne fière et arrogante, il est impossible de pratiquer la Voie. Nous passons sous l’ombre et la lumière. Nous ne pouvons pas séparer l’ombre de la lumière. La lumière existe, l’ombre existe. Mais la lumière et l’obscurité dépendent l’une de l’autre. Nous devons tous examiner nos motivations avec un œil éveillé.
Nous disons : un moustique est petit. Un moustique est petit devant une baleine, mais il est énorme devant un virus. C’est le monde relatif. Nous sommes toujours l’idiot de quelqu’un. Certaines personnes disent : je suis pauvre. Vous êtes pauvre par rapport à quelqu’un de riche, mais vous êtes riches par rapport à quelqu’un de très pauvre. Le monde du Dharma est au-delà de toute comparaison. Il n’y a rien à regarder chez les autres. Certaines personnes se suffisent à se dire : « Je suis mieux que ce grand criminel, je n’ai pas à changer. » Nous devons tous nous examiner, et aller ensemble, tous ensemble, au-delà des trois poisons. Le riche doit faire des efforts, doit s’examiner. Le pauvre doit faire des efforts, doit s’examiner. Celui qui se croit bon doit faire des efforts et s’examiner. Celui qui se croit mauvais doit faire des efforts et s’examiner. La Voie inclut toutes les existences, les unes ne s’opposent pas aux autres ; c’est ensemble, tous ensemble. Ce n’est pas les femmes contre les hommes, les Blancs contre les Noirs, les riches contre les pauvres, c’est ensemble, tous ensemble. C’est en cela que la Voie est universelle.
Quand celui qui donne, celui qui reçoit et ce qui est donné est une seule et même chose, nous sommes dans l’oubli de l’égo, dans l’oubli de soi.
« Si quelqu’un souhaite faire un pas de plus, laissons-le s’asseoir et méditer sur la véritable nature de toutes choses. » Tel est l’enseignement de Bouddha. Nous allons vers la lumière, tout en marchant sous l’ombre et la lumière.
Taiun JP Faure, décembre 2025

Laisser un commentaire
Participez-vous à la discussion?N'hésitez pas à contribuer!