Le zen est la forme la plus directe, la plus simple de pratiquer le bouddhisme. Le zen n’est autre que zazen, la méditation sans objet.

Faire zazen, c’est faire l’expérience de la liberté retrouvée et ainsi goûter à la réalité pure, à la pure existence. En zazen, nous sommes libres parce que nous nous libérons à chaque instant des illusions. Ordinairement, nos illusions nous contraignent, nous limitent, nous enferment. En zazen, on ne dépend pas de nos conceptions erronées, on ne suit pas nos superstitions. Nos points de vue faux apparaissent à la conscience, mais on n’en est pas dépendant, on les laisse apparaître et disparaître. On appelle illusion tout ce à quoi nous sommes attachés, même si c’est inconscient.

Quoi qu’il en soit, on ne se libère pas par le mental, mais en laissant les coagulations de notre cerveau perdre de leur consistance et se dissoudre. Quand des pensées, des émotions, des souvenirs apparaissent à la conscience, on ne les fixe pas, on ne les nourrit pas. On les laisse à leur propre vie, sans s‘en préoccuper. Ainsi, comme tout ce qui est né, toutes ces fabrications mentales meurent. Sans utiliser son gendarme intérieur, les nœuds des pensées se desserrent. Les pensées se détachent, elles naissent et meurent d’elles-mêmes.

Si en zazen on ne se préoccupe pas de ce qui apparait à la conscience, on se préoccupe en revanche de maintenir le corps et l’esprit en unité. Corps et esprit en unité, cela veut dire qu’il n’y pas ici le corps et là-bas l’esprit. Corps et esprit en unité, cela veut dire que l’esprit est présent en tout point de la posture. Le dos est droit, en équilibre sur un trépied formé par les deux genoux et le périnée qui repose sur le zafu. La tête est ramenée sur les épaules, le menton est rentré, la nuque est dans le prolongement du dos.

La posture de l’éveil se pratique en poussant le sol avec les genoux et en poussant le ciel avec le sommet de la tête. À ce moment-là, notre vie prend la place qu’elle doit prendre. Elle inclut le ciel et la terre sans séparation, le corps et l’esprit sans séparation.

Quand l’esprit est présent en chaque point de la posture, il ne peut plus vagabonder, il ne peut plus errer sur les chemins poussiéreux du passé, ni sur les chemins chimériques du futur. L’être humain a le pouvoir de réécrire le passé et celui d’imaginer le futur. La réalité, qui est toujours à l’œuvre, existe dans l’instant présent.

La plupart du temps, les fabrications mentales prennent le pas sur l’instant présent et nous entraînent trop souvent dans la confusion. L’enseignement du Bouddha nous propose de faire l’expérience de la réalité, l’expérience de l’existence pure – non pas qu’il condamne les fabrications mentales qui naviguent du passé au futur, mais il nous rappelle que le plus important, la chose réelle, est l’instant présent. C’est l’instant présent que l’on doit chérir plus que tout, l’instant présent, libéré de toutes les illusions.

S’il vous plait, faites grand cas de l’instant présent, faites grand cas de l’esprit qui habite cet instant, cet esprit qui est libre de toute fabrication mentale.


Taiun JP Faure, juillet 2020

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