Le vaste ciel n’est pas gêné par le vol des nuages blancs. Les nuages, en fin de compte, sont de même nature que le ciel. Le vaste ciel contient toute chose : les étoiles, les poussières, les gouttelettes d’eau. Suivant les causes et conditions, la vapeur d’eau se condense et les nuages apparaissent, un peu plus tard, disparaissent.
Les nuages ne sont qu’une forme passagère du vaste ciel. Les pensées, les émotions, les souvenirs ne sont qu’une forme passagère de l’esprit. Ils apparaissent et disparaissent d’eux-mêmes.
Il ne faut pas trier : « Je veux le vaste ciel sans nuages. » ou alors : « Je ne suis intéressé que par la beauté des nuages. » Il n’y a pas à choisir, seulement à voir le véritable aspect de toute chose. Certaines personnes sont attachées au ciel vide, il y a en eux un désir de non-existence (nihilisme). D’autres poursuivent les productions de l’esprit (les formes), il y a en eux un désir d’existence. Mais l’existence pure est au-delà.
Les formes, les phénomènes naissent sans cesse différents, neufs, proviennent de la source toujours fraîche, toujours neuve. Au milieu des phénomènes, la source est toujours là.
Sans cesse les phénomènes naissent, se transforment de façon continue. Les phénomènes apparaissent et disparaissent. Quand ils apparaissent, ils ne sont pas poussés par un désir d’existence. Quand ils disparaissent, ils ne sont pas poussés par un désir de non-existence. C’est seulement la nature de Bouddha à l’œuvre. C’est la résonance de Bouddha dans Bouddha, de Bouddha à travers Bouddha. C’est notre dimension ultime.
Comprenez bien que la véritable pratique, c’est la non-pratique. Arrêtez de vouloir diriger les choses, arrêtez de vouloir contrôler. Laissez les choses apparaître et disparaître d’elles-mêmes. À ce moment-là, vous pouvez étudier avec minutie l’existence des phénomènes et en comprendre la non-existence. À ce moment-là, votre vie sera pleine, et vide de souffrance.