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Quoi de Neuf ?


Ango 2006 - Kusen

Enseignement de Tai Un Jean-Pierre Faure, 21 août 2006 zazen 6 h 30

Kodo Sawaki nous dit : « Prenez-vous fermement en mains, sans vous faire de mal. »

Fermement, en zazen, c’est porter le poids du corps sur les genoux, être en équilibre sur le trépied formé par les genoux et le périnée, avoir la nuque dans le prolongement du cou, le menton rentré. Là-dessus il faut être ferme.
Sans se faire de mal signifie : effacer sans cesse les tensions qui se forment, faire attention à ne pas les nourrir à son insu.

Bien sûr, si nous sommes dans cette pratique, les pensées nous échappent. On ne peut pas être assis et debout à la fois. Donc, si nous pratiquons l’attention, la profonde attention à ce qui se passe ici et maintenant dans notre corps-esprit, nous ne pouvons pas, par ailleurs, saisir les pensées et les triturer.

Est-ce que nous sommes d’accord pour laisser échapper les pensées ?
Parfois, dans le zen, on parle de décision. Là est la véritable décision : est-ce que nous sommes d’accord pour laisser échapper les pensées, pour laisser échapper le contrôle que l’on a sur notre vie et sur la vie des autres ? Là est le problème de la foi. Certaines personnes se croient plus malines que les autres, elles pensent qu’elles ont le droit le diriger les autres ; c’est un manque de foi total.

Qu’on le veuille ou non, les phénomènes apparaissent et disparaissent. Ce n’est pas nous qui avons décidé de notre naissance, ce n’est pas nous qui déciderons de notre mort — en principe. Ce n’est pas nous qui décidons de l’apparition et de la disparition des phénomènes. C’est ce que nous dit Bouddha : « Ne faites pas preuve d’avidité vis-à-vis des phénomènes qui vous plaisent ; ne faites pas preuve d’aversion vis-à-vis des phénomènes qui vous déplaisent.
Il existe un état au-delà du plaisir et du déplaisir, c’est l’équanimité, le bonheur véritable, qui inclut les tristesses, les peines mais aussi les joies. Inclure absolument tous les sentiments humains, voilà la liberté véritable, la paix de l’esprit. Comme aujourd'hui où les arbres sont encore verts, où la brume dissipe, efface, estompe les couleurs éclatantes.

Voir les choses telles qu’elles sont, sans manifester d’aversion, sans manifester d’avidité, c’est la vue juste.
J’expliquais comment se manifestent ces sentiments d’aversion et d’avidité, comment il est difficile de sortir de ce cercle vicieux où la fixation sur certains aspects, occasionne des sentiments violents ; ces sentiments violents amplifient la fixation et cela cause une inflammation de l’esprit : le monde de l’enfer s’ouvre sous nos pieds. Bouddha dit : « C’est que vous ne comprenez pas, vous ne voyez pas le monde de la production conditionnée, vous ne participez pas à ce monde. »

Chaque phénomène prend naissance en présence de tous les autres, chaque naissance se fait en même temps que les autres. Il n’y a pas une cause unique, il y a une infinité de causes qui se mordent la queue. Tant que nous ne ressentons pas l’interdépendance de l’ensemble des phénomènes, et bien sûr de notre participation à cette interdépendance, nous ne pouvons qu’avoir un sentiment égoïste. Tant que nous sommes focalisés sur l’idée du moi et du mien, tant que nous croyons à cette entité moi, mien — une entité séparée du reste de l’univers —, nous allons d’erreur en erreur.

Nous devons comprendre que nous sommes une forme passagère de l’univers, qui change sans cesse au gré des circonstances, au même titre que toutes les autres, en interaction avec toutes les autres. Si nous ne comprenons pas cela, la vie est difficile.

Étudier cet aspect, c’est clarifier le problème de la vie et de la mort, de la naissance et de la mort, de l’apparition et de la disparition.
Dans le Shushogi, Dogen écrit : « Clarifier la question de la vie et de la mort est la seule question importante pour ceux qui veulent étudier la voie du Bouddha ».
Ce n’est pas du tout une étude philosophique, c’est juste comprendre que la paix de notre esprit dépend de la paix de l’esprit des autres, que la paix de l’esprit des autres dépend de la paix de notre propre esprit.

En définitive, la seule chose sur laquelle on peut travailler, c’est la paix de son propre esprit, c'est-à-dire la vue juste. La paix de son propre esprit dépend de la vue juste. Ne vous fixez pas sur un aspect, acceptez l’infinité des aspects, l’infinité des formes, c'est-à-dire la non-forme.

Parce que notre esprit est attaché, fixé en un point, nous sommes comme un chien enragé attaché à une chaîne. Accédez à une vue vaste et haute, au regard de Bouddha.
À la fin, l’homme regarde la montagne comme la montagne regarde l’homme.

 


Kanshoji, monastère bouddhiste zen
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Dernière mise-à-jour de ce document: 24/09/2006