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Aimée |
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Le silence Il existe une multitude de silence mais ceux que vous allez rencontrer à Kansjohi resteront à jamais dans votre mémoire. Tôt le matin, au son de la clochette, vous quitterez votre sommeil pour vous rendre au dojo. Ce premier silence que vous traverserez dans les coursives est celui de la forêt environnante, il accompagne les moines et les nonnes qui, concentrés et sans un mot, vaquent à leurs tâches respectives du petit matin : allumer les encens, préparer le riz de l’oryok, peaufiner le dojo qui va accueillir la communauté dans quelques instants, faire résonner le bois qui appelle au zazen. Vous pénétrerez dans le dojo en faisant gassho et en abandonnant ce premier silence. Puis, assis, vous percevrez le bruissement des kimonos des pratiquants qui, avec une grande concentration, seront dans la préparation de leur posture. Soudain, le son du gong plongera la communauté dans la pratique quotidienne du zazen, alors doucement, vous entrerez avec elle dans un silence unique, à la fois humain et sidéral, celui du zen. Vous serez là, peut être dans votre tumulte intérieur, et vous sentirez ce silence exceptionnel vous entourer : c’est le cadeau spirituel des pratiquants de la voie du Bouddha. Ce silence-là vous portera, vous soutiendra, s’inscrira en vous-même sans même que vous en soyez conscient. Quelquefois, le l’abbé fera un kusen et ses enseignements conforteront le silence du zen sans le dénaturer. Venir à Kanshoji, vivre ce moment, c’est offrir à tous les êtres votre propre changement en choisissant d’aller, avec et pour eux, vers une humanité libérée. |
Aimée