Très beau, très connectant passage à Kanshoji en mars, et depuis, la vie suit son cours et pourtant tout me rappelle à l’enseignement et la pratique. Envie de partager les mots d’un groupe d’amis d’enfance musiciens, qui font écho à des choses qui me touchent et sont je crois en harmonie avec nombre d’ondes ressenties à Kanshoji.. Une chanson ressentie très fort après un kusen.. et puis d’autres si vous suivez les liens. Biz Soizick
Le reflet
La lune joue à cache-cache
Avec ta face de poupée russe
Rousse, blonde, vénitienne
Tes yeux verts reflètent en boucle la lumière
Ce serait bien, ce serait mieux d’être dans ce reflet toujours
Savoir ton sourire souriant
Sous tes paupières ensommeillées
Savoir ton souffle serein et régulier sur l’oreiller
Ce serait mieux, ce serait d’être dans ce reflet toujours
La lune joue à cache-cache
Avec ta face de poupée russe
Toutes tes blagues dans ma main
Comme des perles, de gros cailloux en ribambelle
En enfilade autour du cou
Ca dégringole et la joie ruisselle partout
Moi je m’agrippe à ta montagne de caresses,
Tendresse, bisous, je m’émerveille de tes merveilles, de ton émerveillement,
Je découvre et redécouvre au fil de toutes tes découvertes,
Je grandis, avec toi
La lune joue à cache-cache
Avec ta face de poupée russe
Ton fin duvet me donne des ailes
Accroche-toi, camoufle-toi
Je t’y emporterai, pour t’aider à ton tour,
A t’élancer
Le silence
Il existe une multitude de silence mais ceux que vous allez rencontrer à Kansjohi resteront à jamais dans votre mémoire.
Tôt le matin, au son de la clochette, vous quitterez votre sommeil pour vous rendre au dojo. Ce premier silence que vous traverserez dans les coursives est celui de la forêt environnante, il accompagne les moines et les nonnes qui, concentrés et sans un mot, vaquent à leurs tâches respectives du petit matin : allumer les encens, préparer le riz de l’oryok, peaufiner le dojo qui va accueillir la communauté dans quelques instants, faire résonner le bois qui appelle au zazen.
Vous pénétrerez dans le dojo en faisant gassho et en abandonnant ce premier silence. Puis, assis, vous percevrez le bruissement des kimonos des pratiquants qui, avec une grande concentration, seront dans la préparation de leur posture. Soudain, le son du gong plongera la communauté dans la pratique quotidienne du zazen, alors doucement, vous entrerez avec elle dans un silence unique, à la fois humain et sidéral, celui du zen.
Vous serez là, peut être dans votre tumulte intérieur, et vous sentirez ce silence exceptionnel vous entourer : c’est le cadeau spirituel des pratiquants de la voie du Bouddha. Ce silence-là vous portera, vous soutiendra, s’inscrira en vous-même sans même que vous en soyez conscient. Quelquefois, le l’abbé fera un kusen et ses enseignements conforteront le silence du zen sans le dénaturer.
Venir à Kanshoji, vivre ce moment, c’est offrir à tous les êtres votre propre changement en choisissant d’aller, avec et pour eux, vers une humanité libérée.
Aimée